des pokemons à tout prix

Pendant ces vacances de printemps, nous vous proposons quelques articles publiés par les journalistes du Canard dans LA BATTLE 2017 et que vous auriez pu louper.


Photo Sameer-al-Doumy – AFP / Un homme joue à Pokémon go à Douma, ville controlée par les rebelles à Damas 23 juillet 2016

8 mois environ après l’apparition de Pokémon go, un jeu ayant fait le tour du net, il faut que ça sorte : ce jeu est dangereux. Car, en effet certains joueurs risquent leurs vies pour attraper ses petites créatures.

Ces mains, au premier plan, doivent certainement appartenir à un joueur addictif et audacieux qui aurait, guidé par son téléphone, traversé des territoires et des territoires, jusqu’à la Syrie ou l’Irak peut-être. Il serait alors arrivé dans un bâtiment en ruines récemment bombardé et aurait, à son grand bonheur enfin trouvé l’objet de sa quête : un Pokémon !!!!!!!!!

Mais il n’a rien vu du tumulte, du désordre et du saccage de la guerre. Il est resté dans sa bulle du départ jusqu’à l’arrivée. Il n’a pas réagi aux paysages horribles et dévastés qu’il a traversé. Et il n’en saura rien car il était guidé par son téléphone et non par ses yeux.

Anna Gottesman

la guerre n’est pas de la littérature

Photo Ahmad Al-Rubaye – AFP

Depuis combien de temps y a-t-il la guerre en Irak ? Courir pour ne pas mourir, devoir tuer des gens, et parfois attendre… Attendre quoi ? La prochaine attaque, le prochain assaut… Attendre une paix qui n’arrivera peut-être jamais.

Lire en attendant. Quoi ? Un livre d’amour ? Depuis combien de temps a-t-on quitté sa femme ?  On se demande des fois ce qu’elle a pu devenir, est-elle encore en vie, va-t-on la revoir un jour?

Lit-on une histoire fantastique dans laquelle un héros mettrait fin au conflit avec une aide divine ou magique ? Mais nous ne sommes pas dans un conte de fées. Nous sommes à l’Ouest de Mossoul, le vendredi 17 février en face des troupes de l’Etat Islamique, nous bloquons la route qui leur permet de se ravitailler. Depuis presque bientôt 5 mois, nous essayons de reprendre Mossoul aux mains des jihadistes. Combien de temps cela va-t-il encore nous prendre ?

Amine

 

rêve d’un bain chaud

migrants-serbie

Photo Giorgos Moutafis

Je me souviens d’un été, c’était dans le jardin de ma grand-mère. Je me souviens, on avait mis la grande bassine en métal sur l’herbe dans le jardin, on l’avait remplie avec le tuyau d’arrosage qui était resté au soleil. L’eau était chaude. On s’était baignés dedans avec mon frère et ma sœur…

une-image-un-articleDans le Courrier International de la semaine du 19 au 25 janvier, j’ai vu cette photo qui m’a intrigué. Un homme se baigne dans un baril en pleine neige. C’est un migrant venu du Moyen-Orient avec beaucoup d’autres – près de 1500, qui s’entassent à Belgrade depuis que la frontière avec la Hongrie est fermée, les empêchant de continuer leur route. Il fait jusqu’à moins 15°, ils n’ont aucune aide des autorités serbes et il n’y a que quelques associations qui leur fournissent des plats chauds !

Amine

 

notre république

Photo Edouard Caupeil, parue dans le journal Libération du 6 janvier 2013

Photo Edouard Caupeil, parue dans le journal Libération du 6 janvier 2013

Les images nous interrogent…

Avant j’allais toujours à la République avec des amis, ce quartier était le nôtre.

Depuis les attentats, à la République, il y a des portraits de ceux qui sont morts, des drapeaux, des pancartes… Les gens lisent ce qui est écrit, le soir ils allument des bougies. Encore aujourd’hui.

J’ai lu les textes que les gens ont écrits, j’ai eu de la peine, j’ai même pleuré.

Ce quartier était le notre, depuis les attentats ce quartier est à tout le monde. La République est à tout le monde.

Lydie

la route

image Lydie'

Les images nous interrogent…

Ils sont nombreux. On dirait qu’ils sont des milliers, entassés, serrés les uns contre les autres. Ils sont à pied, en ligne dans une longue file.

Devant eux, des policiers. Avec des casques. Et des armes ? Celui qui est à cheval les guide, mais vers où ?

Où est-ce qu’on les emmène ? Les policiers sont-ils là pour les protéger ou pour les obliger à partir ? J’ai l’impression qu’on les oblige… S’ils sont là pour les protéger, de quoi ?  de qui ?

Lydie

 

la « jungle »

La "jungle" de Calais où vivent 6000 migrants. Photo prise le 8 oct. 2015 par Denis Charlet (AFP)... et toujours d'actualité !

La « jungle » de Calais où vivent 6000 migrants. Photo prise le 8 oct. 2015 par Denis Charlet (AFP)… et toujours d’actualité !

Les images nous interrogent…

Cette image en dit tellement sur tout ; sur nous , sur eux…

EUX les migrants. Ils ont tout quitté pour fuir la guerre, ils sont partis et ils sont rejetés par NOUS.

Aujourd’hui, on les retrouve dans des bidonvilles , pauvres et à la recherche d’une vie normale.

Ils ont besoin d’aide, alors aidons les !

Débora

exil

Enfant syrien réfugié. Vu dans le journal Courrier International, 10-16 sept. 2015

Enfant syrien réfugié. Vu dans le journal Courrier International, 10-16 sept. 2015

Les images nous interrogent…

Petit garçon rêveur… Peut-être pense-t-il à voyager, fuir ou partir, cet enfant sale, sûrement pauvre et innocent.
VICTIME de la guerre !
Sur un fond horrible, rails, déchets, wagons citernes, invivable pour son si jeune âge.
Pourtant, il rêve, il y  croit encore. Alors, AIDONS-LE !

Débora Asséré