pourquoi ?

Salut à toi, cher lecteur de l’autre côté de ton écran,

Cela fait une semaine que nous sommes déconfinés, et, j’ai bel et bien remarqué quelques changements par rapport à la quarantaine :

  • Les gens ont arrêté d’applaudir à 20h, on en a plus que 3 qui continuent dans le passage. Pourquoi ?
  • Les gens sortent plus volontiers de chez eux. Pourquoi ?
  • Les gens sont beaucoup plus proches les uns des autres dans la rue. Pourquoi ?

Moi, ma vie n’a pas beaucoup changé ces derniers temps. J’ai pu voir des amis (en respectant les normes de sécurités, hein), mais sinon c’est toujours la même journée (ce qui me fait penser au film « Le jour de la Marmotte » avec Bill Murray). L’un de mes plus grands regrets du confinement, c’est que l »Eurovisioa été annulée. 

Que les Nargoles soient avec toi, jeune padawan🖖.

Lumos🐈.

l’argent de poche, de François Truffaut

Merci le confinement qui m’a permis de me rassasier de plusieurs films cultes et connus en DVD ou en virtuel !

J’avais déjà vu L’Argent de poche de François Truffaut dans un petit cinéma, le Brady, il y a 2, 3
ans. J’ai eu envie de le revoir aujourd’hui et d’en garder un souvenir plus détaillé, d’en faire une
analyse. Ce film retrace l’histoire de plusieurs écoliers, résidant dans la même petite ville, Thiers, et étudiant dans la même école et la même classe. En gros, si je vous fais un petit pitch, il retrace surtout l’histoire de deux personnages : Patrick, un garçon aisé, amoureux de la maman de son meilleur ami Laurent, et Julien, enfant en situation précaire, vivant dans un taudis avec des tuteurs alcooliques, et volant des objets pour subsister. D’autres séquences, avec d’autres enfants sont aussi présentes, comme avec le petit Gregory par exemple, qui tombe d’un étage avec sa réplique culte « Grégory a fait boom ! ».
C’est un film que j’ai adoré, aussi bien du point de vue cinématographique que du point de vue
philosophique et social. Oui, car les histoires de chacun des écoliers sont touchantes, si ce n’est drôles à certains moments, et suivent toutes la même ligne, le même fil, comme si elles ne faisaient qu’un.
Du point de vue philosophique, car certaines phrases (des adultes surtout, non pas des enfants) offrent de très bonnes leçons de vie concernant l’enfance (je vous mettrai des extraits en bas).
Du point de vue social, aussi, car chaque enfant a sa propre histoire, chacun affronte les difficultés de la vie, mais tout le monde avance, main dans la main (on est un peu au pays des Bisounours mais aussi dans la vie réelle où il y a quand même des difficultés qui font obstacle).

Selon moi, pour ce film, Truffaut s’inspire en partie d’Alfred Hitchcock pour lequel il éprouvait une grande admiration. Pourquoi ? Parce qu’il « recopie » en quelque sorte ses caméos (plans très rapides où l’on voit le réalisateur pendant quelques instant, sa « signature » en quelque sorte).
Truffaut apparaît ainsi brièvement, assis dans une voiture au début du film et son cinéma s’apparente à celui d’Hitchcock en utilisant des plans longs, beaux, concernant l’enfance (même si pour Hitchcock, cela concerne le meurtre, pas l’enfance).

Il me semble aussi qu’en parlant d’enfance – et de l’enfance comme d’une chose légère, belle, essentielle à la vie et primordiale, son « esprit cinématographique » a pu inspirer Spielberg, dont il est devenu l’ami, cette même année 1976 où sortait L’argent de poche, et où Truffaut était engagé comme acteur pour jouer dans Rencontres du 3è type.

Camille


Extrait n°1

Extrait n°2

Bonus : la chute de Grégory

 

lettre à Oops

Coucou,

J’espère que tu vas bien, et que tu es encore vivant (désolée si je te tutoie, je ne connais pas les formules de politesses félines… Euh, pour info, cette lettre s’adresse à une bestiole poilue quadrupède, autrement appelée chat.)

Je ne te connais pas, et ne te connaîtrai probablement jamais. Pour ce que j’en sais, tu t’es perdu il y a un moment et depuis, tes maîtres collent des affiches partout. C’est pas très sympa de les avoir lâchés en plein confinement, mais peut être que tu avais tes raisons (Nuage d’Oops, impliqué dans la guerre des clans de Paris ? Sait on jamais…).

Pendant ton absence, il s’est passé pas mal de trucs. Au cas où tu n’aurais pas suivi l’actualité, je vais te faire un petit topo. Fin 2019, un virus est apparu en Chine et, au début, est passé plutôt inaperçu. Jamais nous n’aurions imaginé que cela prendrait une telle ampleur. Mais bon, ça, tu le sais déjà. De plus en plus de gens ont été contaminés, et ça s’est transformé en pandémie mondiale. En France, le gouvernement a mis un moment à réagir, puis a du faire face à un petit problème : des stocks de masques et de matériel avaient été constitués et conservés pendant des années, mais une dizaine d’années auparavant, il avait été décidé de s’en débarrasser, car ils étaient jugés inutiles. Résultat : les soignants étaient sous-équipés. On s’est tous retrouvés confinés pendant un mois et demi. Et tu as pris la poudre d’escampette. Les magazines people ont été bien embêtés, car ils n’ont pas eu grand chose à raconter pendant un moment (exception faite pour la naissance d’un bébé au nom improbable, que je tairai ici par souci de préserver son anonymat). Toutes les sorties de films, livres, etc. ont été repoussées et les gens ont commencé à s’ennuyer. Et moi je me suis mise à écrire des textes sur ma vie grandement intéressante.

Au fond, je te comprends : passer plus d’un mois à voir toujours les mêmes têtes, c’est dur. On se prend le bec (ou le museau), on boude et quand un chat boude, il s’éclipse. Mais maintenant, tu peux revenir, la crise est passée. Les écoles commencent à rouvrir (pas ici, mais bon), les gens à sortir. Un peu trop d’ailleurs. Hier, les trottoirs étaient bondés. Difficile de circuler pour une petite bête comme toi.

Vous devez bien rire devant nos bêtises, vous, les chats. Mais ne dit-on pas que l’erreur est humaine ? C’est normal, c’est nous qui sommes en train de détruire la planète…

Bref, rentre vite chez toi tant qu’il est encore temps.

Chalut,

Azadée

PS : Pour ceux qui auraient raté Oops, il vous a été présenté dans cet article : Ma vie, des films


Tant que nos vies n’auront pas repris un cours « normal » et que chacun n’aura pas la possibilité de ré-intégrer sa rédaction respective, nous avons décidé de rester groupés pour continuer à faire vivre le Journal de nos (dé)confinements. C’est pourquoi Au Menu du Canard continuera à accueillir les articles d’Azadée, rédactrice de Veni, Vidi, Valmy, le journal du collège Valmy.

enfin(s)

Avec ce déconfinement, je me sens enfin respirer, même si c’est au travers d’un masque. Je peux enfin revoir mes amies. Enfin sortir de ce périmètre. Enfin entrer dans une boutique (d’ailleurs, c’est la cata, je suis entrée dans une librairie et déjà je vois fondre mon porte monnaie…). Enfin me balader toute seule. Il reste un tas d' »enfins » que j’attends avec impatience (enfin aller au cinéma, revoir le reste de ma famille, retourner à la bibli tester ma nouvelle carte, retourner  au collège qui m’a quand même un petit peu manqué, voir l’été arriver en étant dehors et pas dedans, partir en vacances…) mais on peut maintenant les apercevoir et tenter de les effleurer du bout des doigts. J’étais même contente de revoir mon orthodontiste !

J’espère vraiment qu’on ne va pas être reconfinés, mais il y a quand même de fortes chances, vu le monde qu’il y a dans les rues. Hier, j’ai entendu une grosse bagarre / dispute dans la rue, ça faisait longtemps. Ce retour à la normalité fait un peu peur mais est en même temps réconfortant. Et maintenant, je reconnais mes voisins d’en face quand il penchent la tête par la fenêtre en même temps que moi par curiosité !

Azadée


Tant que nos vies n’auront pas repris un cours « normal » et que chacun n’aura pas la possibilité de ré-intégrer sa rédaction respective, nous avons décidé de rester groupés pour continuer à faire vivre le Journal de nos (dé)confinements. C’est pourquoi Au Menu du Canard continuera à accueillir les articles d’Azadée, rédactrice de Veni, Vidi, Valmy, le journal du collège Valmy.

trop de choses à raconter

Trop de choses à raconter…

Premièrement, j’ai battu mon record de confinement : j’ai réussi à faire 10 allers-retours en courant rue Meslay. Ce qui veut dire que j’ai fait 11 000 m sans m’arrêter. Je suis très fier de moi. 🤗

Deuxièmement : j’ai terminé le générique d’un film d’horreur sur IMovie. Je me prépare à faire le film avec Mylan (vous pouvez voir ses dessins dans la rubrique dessin).

Troisièmement : toute ma famille s’est réunie sur zoom.
Mon grand-père est tellement nul en informatique qu’il a fallu 20 min pour lui faire installer l’appli. Ensuite, en essayant de voir une personne qu’il ne voyait pas, il a découvert la capture d’écran. On lui a dit qu’il serait capable de réparer les dégâts technologiques du monde entier.
Mon père, lui, comprenait les phrases de travers et faisait des blagues nulles mais super marrantes.
On a quand même réussi à discuter 1h30. On était 20 un truc comme ça.

Nathan (au quotidien. Le retour)

le jour d’après

 Salut à toi, cher lecteur de l’autre côté de ton écran,

 Avant-hier, on a été déconfinés, et…

… ÇA NE CHANGE PRESQUE RIEN ! Les lieux publics sont toujours fermés, on ne peut se rassembler qu’en suivant des règles très strictes, on est, pour la plupart, toujours en télétravail… J’ai besoin d’humains (et quand je les aurai, je me plaindrai de leur présence) ! Aujourd’hui, j’ai pu faire un tour avec une amie, mais je l’avais déjà croisée pendant le confinement, donc, intérêt zéro. 

S’il y a bien une raison pour laquelle j’aimerais beaucoup reprendre une vie normale, c’est que je lis moins, confinée, et je ne suis pas la seule. À la place, je regarde des … des… des… je-ne-sais-pas-vraiment-ce-que-c’est sur Internet, ou je dessine. 

Que vous dire de plus? Avant-hier, on a regardé Total Recall, un très bon film de science-fiction. Évidement, les effets spéciaux datent un peu, mais l’histoire nous tient en haleine jusqu’à la fin.

Que les Nargoles soient avec toi, jeune padawan.🖖

Lumos🐈.

bilan… provisoire

Dé-confinés, certes… mais ce n’est pas pour autant que nos vies ont repris leur cours tout-à-fait normal, nous ne savons toujours pas quand nous pourrons retourner au collège ni nous retrouver comme on dit « de visu ».

En attendant (et en espérant que cela arrive vite) nous avons donc décidé de poursuivre nos publications en entamant aujourd’hui le Journal de nos dé-confinements.


Définir cette période floue qu’a été le « confinement » n’est pas facile. Pendant un petit moment, l’humain consommateur s’est presque senti fragile et a fondu comme un oiseau de proie sur le supermarché du coin, se croyant en danger. Puis n’a plus bougé de chez lui, ou alors seulement à la fin de son stock de pâtes. Les preppers ont esquissé un petit sourire narquois en voyant aux infos les rayons de papier toilette vides, et ont ronchonné « Je vous l’avais bien dit… » en s’enfermant dans leur bunker, s’apprêtant à se nourrir de conserves et de biscuits secs en attendant l’apocalypse, réfléchissant déjà à une liste de voisins qu’ils accepteraient peut-être éventuellement de sauver. Les ados ont sauté de joie en découvrant qu’ils avaient leur brevet, sans même l’avoir passé. Les hôpitaux se sont remplis, plus ou moins vite. Les réseaux se sont encombrés, provoquant de plus en plus de plantages, plongeant de nombreuses familles dans le désarroi. Le gouvernement a bredouillé, balbutié, hésité, tenté de rassurer à grands coups de promesses et de masques (qu’on a toujours pas d’ailleurs). Les géants du streaming se sont frotté les mains.

Et moi, dans tout ça ? Le confinement est passé finalement plutôt vite, malgré sa monotonie. Ne voir que mes parents et ma sœur à longueur de journée a été assez difficile. Des promenades quotidiennes ont un peu aidé. Comme on a un bon stock de bouquins / films / chocolat, j’ai survécu. Mais bon. C’était pas la folie. J’ai l’impression d’écouter beaucoup plus de musique qu’avant ; j’ai fini par tomber dans le trou sans fond de la K-pop, mais ai réussi à m’en tirer grâce à une fan aux conseils avisés. J’ai également sombré dans le riche univers de Dune, et souhaité parfois voir un faiseur débarquer et dévorer ce virus afin de nous en débarrasser.

Il y a de fortes chances pour que l’on soit rapidement re-confinés (en me baladant dans le quartier, j’ai croisé quasiment autant de monde qu’en temps normal), mais j’espère que ce ne sera pas le cas.  Dans une quinzaine de jours, je vais me faire charcuter (on va m’arracher la preuve de mon intelligence supérieure et de ma sagesse digne de celle de maître Dayo. Je trouve ça dommage, mais bon, on n’a rien sans rien. Il faut accepter quelques sacrifices pour avoir un sourire sorti d’une pub de dentifrice. Il paraît qu’on va me shooter, que je vais juste faire quelques rêves bizarres et en ressortir avec la tête d’un hamster), événement qui aurait dû avoir lieu deux mois avant. Je me dis que sur une courte période, j’aurai droit à la sortie des nouveaux tomes de mangas pour lesquels je poiraute depuis des mois, alors une petite opération, c’est rien en comparaison. Mais ça me donne vraiment l’impression que c’est fini, que tout va redevenir normal alors que ça va être long, très long.

Azadée


Au Menu du Canard accueille un article d’une rédactrice de Veni, Vidi, Valmy, le journal du collège Valmy.